Faun + Noetic

Ballet du Grand Théâtre de Genève Chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui
danse
Le 31 août
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©Nicha Rodboon & ©Filip Van Roe

Figure de proue de la scène contemporaine belge, Sidi Larbi Cherkaoui compte plus de 50 chorégraphies à son actif. Nous retrouvons deux pièces majeures de son répertoire, portées par Ballet du Grand Théâtre de Genève dont il prend la direction en juillet 2022.

Faun, dans la mémoire collective ou mieux encore dans la section « Ballets Russes » de notre conscience culturelle, fait référence à la création originale de la chorégraphie mythique de Vaslav Nijinski sur la musique du Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy. Ce spectacle était basé sur le célèbre poème de Stéphane Mallarmé sur le réveil du Faune dans la forêt, qui avait fait sensation en 1912. Un siècle plus tard, Sidi Larbi Cherkaoui a réalisé son Faun à la demande du Sadler’s Wells de Londres. Alors que les danseurs de Nijinski sont encore très bidimensionnels, comme des figures sur un vase grec, dans la version de Cherkaoui, les aspects mythologiques et animaux sont présentés de manière beaucoup plus forte, dans un langage du mouvement qui se lit en trois dimensions. La principale source d’inspiration du chorégraphe lors de la création en 2009 a été la force du danseur James O’Hara, qui a créé le rôle masculin. L’accent a été mis sur le fait que le faune est à moitié humain et à moitié animal : ses mouvements sont plus sauvages et plus insouciants. Daisy Phillips, comme la nymphe dans la version originale, est profondément enracinée dans la forêt. L’interaction entre les deux est innocente mais toujours chargée de tension sexuelle, tout comme dans la chorégraphie de Nijinski. Ils ont l’espièglerie des enfants mais en même temps ils sont présentés, d’une certaine manière, comme des âmes anciennes vieilles comme le temps.

Cherkaoui a demandé au compositeur Nitin Sawhney d’intercaler la musique de Debussy avec son propre langage musical : la musique glisse presque inaperçue d’un style et d’une culture à l’autre et d’un siècle à l’autre. Les costumes de Hussein Chalayan sont à la fois naturels et organiques, mais aussi synthétiques : les personnages sont donc des archétypes éternels mais aussi des créatures d’aujourd’hui.

Le mot noétique vient du grec et fait référence à ce qui est en relation avec la pensée. En philosophie, il est défini comme la recherche intuitive de la connaissance, celle qui est déjà présente en nous-mêmes et dans l’univers et qui se manifeste à nous, incessamment.

Noetic explore l’idée qu’une droite est en fait une courbe et que tout peut être relié par la forme du cercle. Pendant les répétitions de Noetic, les danseurs ont été encouragés à travailler collectivement plutôt qu’individuellement afin de faire émerger un subconscient commun et collectif. Le résultat est une réaction en chaîne de mouvements, un flux – comme une volée d’oiseaux ou un banc de poissons dans l’eau. Les danseurs se croisent et se dépassent d’une manière élégante et aisée, mais aussi avec passion et conviction. À d’autres moments, les danseurs semblent faire partie d’un mécanisme d’horloge compliqué, comme s’ils étaient les éléments constitutifs du fonctionnement interne d’une société. La matière de la danse oscille entre l’éthéré, le liquide et le solide.

Dans sa quatrième collaboration avec le plasticien Antony Gormley depuis leur première rencontre artistique en 2005, Sidi Larbi Cherkaoui travaille dans une scénographie composée de longues lattes qui peuvent être reliées entre elles pour créer une ligne ininterrompue. Ces lattes sont fabriquées en fibre de carbone et se courbent naturellement par leur gravité. En même temps, en se connectant les unes aux autres, elles s’arrondissent en cercles parfaits. Lorsqu’on comprend ce qui est le début et la fin, en les reliant, la droite trouve soudainement son achèvement en tant que cercle et remplit un nouveau but, a une nouvelle vie, prend une nouvelle forme.

La géométrie sacrée, la vie urbaine représentée sous forme de fonctions mécaniques, le microcosme reflété dans le macrocosme, toutes ces structures conduisant à l’interconnexion : Noetic tente d’aborder tous ces thèmes de manière poétique. Au fond, la connaissance, les actions et la conscience sont déjà là.

Un spectacle présenté par le Ballet du Grand Théâtre de Genève

FAUN

Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui
Scénographie et lumières : Adam Carrée
Costumes : Hussein Chalayan
Musique : Claude Debussy et Nitin Sawhney
Créé en 2009 à Sadler’s Wells
2 danseurs

NOETIC

Scénographie Antony Gormley
Lumières David Stokholm
Costumes Les Hommes
Dramaturgie Adolphe Binder
Musique Szymon Brzóska
Créé en 2014 pour la GöteborgsOperans Danskompani
19 danseurs

Spectacle accueilli en partenariat avec La Bâtie – Festival de Genève, avec le soutien du Conseil du Léman

Directeur général Aviel Cahn
Directeur du Ballet Sidi Larbi Cherkaoui
Partenaire du Ballet du Grand Théâtre INDOSUEZ WEALTH MANAGEMENT

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