Imminentes
CHÂTEAU ROUGE
mercredi 1er avril
Grande Salle
Placement numéroté
Télécharger le programme à imprimer
Voir la page du spectacle
Chorégraphie Jann Gallois
Interprétation Anna Beghelli, Carla Diego, Melinda Espinoza, Fanny Rouyé, Amélie Olivier,
Agathe Tarillon
Musique originale Patrick De Oliveira
Chant Myriam Djemour
Création lumières et régie générale Florian Laze
Régie son Zoé Chambault
Costumes Sara Sanchez et Jann Gallois
Regard extérieur Frédéric Le Van
Répétitrice en tournée Serena Pedrotti
Direction de production & diffusion Anne Fontanesi
Administratrice de production & diffusion Mohéli Delepière
Attachée à la production Camille Daudet De Windt
Production Cie BurnOut
Production déléguée Agora, Cité internationale de la danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie Codirection Jann Gallois · Dominique Hervieu · Pierre Martinez · Hofesh Shechter
Coproductions Maison des Arts de Créteil • Théâtre de Suresnes Jean Vilar • MC2, Maison de la Culture de Grenoble, scène nationale • Châteauvallon-Liberté, scène nationale Théâtre La Passerelle, scène nationale de Gap et des Alpes du Sud • Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines, scène nationale • Les Quinconces – L’Espal, scène nationale du Mans • Malraux, scène nationale Chambéry – Savoie • Théâtre d’Orléans, scène nationale • La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc • Théâtre 71, scène nationale de Malakoff • Le Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire • Espace Pluriels, scène conventionnée danse de Pau • Le Trident, scène nationale de Cherbourg-en-Cotentin • Le Grand R, scène nationale de La Roche-sur-Yon • Espace 1789 – Saint Ouen, scène conventionnée d’intérêt national pour la danse Théâtre du Champ de Foire, Saint-André-de-Cubzac • L’ONDE Théâtre Centre d’Art, Vélizy-Villacoublay Soutien ZEF, scène nationale Marseille • CDA – Centre des Arts, Enghien-les-Bains • Scène Nationale D’Aubusson Théâtre Jean
Lurçat • Théâtre Jean Lurçat, scène nationale d’Aubusson • Dans le cadre de l’accueil en résidence à l’Agora, cité internationale de la danse – Montpellier, avec le soutien de la Fondation BNP Paribas
Jann Gallois est co-directrice de l’Agora, Cité Internationale de la Danse, Montpellier
Contre la destruction, la haine, la violence du présent, la chorégraphe Jann Gallois entend nous rappeler qu’un autre chemin est possible. Imminentes pose l’alternative comme un débordement, une marée pénétrante portée par six femmes souveraines, sorcières, déesses, nymphes qui élèvent leurs murmures tels des mugissements. Jann Gallois compose ici un sextette vibrant où les corps, unis dans une synergie, tissent une danse hypnotique et transcendante. Dans ce rituel d’un genre
nouveau, la douceur devient force et la lenteur, un cri. Les interprètes, par leurs singularités et leur solidarité, nous rappellent que sous les conflits et les désordres, une énergie commune nous anime, immuable et universelle, ce souffle qui unit les êtres entre eux, traverse les âges et façonne le monde. Imminentes nous entraîne, comme une vague chorégraphique réparatrice, dans le sillage de ces douces guerrières débordantes de vie.
Dans quelle dimension un corps peut-il s’engager afin de raconter ou évoquer quelque chose ? Voici la première question qui m’habite lorsque la nécessité de créer me vient, car l’essentiel de mes recherches pourrait se résumer à donner une traduction sensible à ce qui peut paraître dans un premier temps abstrait. J’ai besoin avant tout de parler de nous : des êtres humains que nous sommes et que j’observe avec autant de fascination que d’aversion. Nous tous, petits et grands, riches et moins riches, un peu perdus entre la tentation de jouir d’un monde moderne ultra-efficace gourmand et confortable d’une part, et la culpabilité grandissante face aux enjeux climatiques que ce mode de vie représente jusqu’à notre impuissance quant aux sanglants conflits de territoires qui continuent (encore) d’éclater d’autre part… En fait, j’y vois surtout et simplement des êtres enfermés dans des boites, des boites sensibles qui gesticulent, interagissent, et se démènent comme elles peuvent pour donner un sens à leur petit bout de vie sur terre. Des êtres qui, à mes yeux, sont avant toute chose remplis de cette force divine dont ils sont l’essence même, mais qui bien souvent en ont à peine conscience.
La crise que nous vivons n’est pas seulement économique, climatique ou sanitaire, elle est aussi philosophique et spirituelle. Bien que cette situation semble être sans issue immédiate, elle a au moins le mérite de nous mettre face à de vastes interrogations universelles : qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux ? Que peut-on considérer comme un véritable progrès ? Quelles sont les conditions d’une vie sociale harmonieuse ? Ce sont toutes ces questions qui me traversent et qui génèrent en moi un besoin de partager les quelques bribes de réponses que je découvre au fur et à mesure sur mon chemin. Tantôt évidentes, tantôt complexes, parfois illusoires et sûrement naïves, les notions que je tente de transmettre à travers mes créations n’ont pas pour vocation de défendre une vérité unique mais de refléter un parcours à la fois intime et personnel, artistique et philosophique, une quête de sens tout simplement. Oser exprimer nos pensées, quelles qu’elles soient, nos intuitions, nos doutes et nos peurs, sera toujours mon point de départ d’un possible déplacement ou peut-être seulement d’une infime avancée qui à son tour nous permettra un jour d’atteindre un état plus élevé de conscience et donc de sérénité.
Ayant choisi la danse comme moyen d’expression, je cherche à exprimer ces notions au travers de corps en mouvement, car le corps, lui, ne ment jamais. La danse, comme toute autre forme d’art, est pour moi l’expression pure de l’âme. Lorsque l’on danse à coeur ouvert, l’âme qui vibre à l’intérieur peut alors parfois atteindre le coeur d’un autre s’il accepte lui aussi de s’ouvrir. La danse est ce langage universel qui unit tous les peuples, tous les âges, peu importe d’où l’on vienne et qui que l’on soit. Je perçois un corps en mouvement tout comme j’écoute une musique : l’art chorégraphique est pour moi un chant du corps visuel et graphique. Ainsi, tout comme jouer de la musique, danser peut se résumer à partager une vérité intérieure libérée de toutes limitations du langage. L’abstraction de la danse est en tous points ce qui en fait sa force et sa faiblesse, l’enjeu est donc de trouver l’équation parfaite permettant de rendre cette abstraction magiquement intelligible et, dans le meilleur des mondes, perceptible par tous. Je conçois donc l’art chorégraphique comme une célébration de l’humanité dans son état le plus instinctif, c’est pourquoi je m’efforce à chaque instant de révéler l’ineffable qui se trouve en chacun de nous. Travaillant une matière palpable, celle du corps, je la pétris en cherchant le plus souvent à retranscrire les effets physiques d’une « traversée ». Comment, par exemple, un corps peut se retrouver être traversé par une force gravitationnelle décuplée (P=mg), par un trouble psychique (Diagnostic F20.9) par la présence d’un ou des autres (Compact et Quintette), par l’absurdité d’un monde où l’on marche littéralement sur la tête (Reverse) ou encore par la décision arbitraire d’un groupe extérieur à qui l’on remet tous les pouvoirs en main (Carte Blanche). Je crée souvent en m’imposant une contrainte centrale, une sorte de défi personnel et propre à chacune de mes créations. J’utilise cette contrainte comme un combustible nourrissant le moteur de ma créativité, un appui essentiel, m’obligeant sur chaque nouveau projet à sortir de mes zones de confort quitte à parfois me perdre mais afin d’ouvrir toujours de nouvelles portes permettant parfois des découvertes qui, sans cela, ne me seraient probablement jamais venues à l’esprit. Être capable d’innover tout en restant fidèle à une signature artistique qui m’est propre, oser prendre des risques quitte à perdre l’assentiment du public, telle est ma vision d’une quête entièrement parcourue qu’elle soit artistique ou philosophique.
Jann Gallois
à découvrir aussi…

CONTINUUM
terre de feu
Danse
Compagnie Melta • Alice Roudaire • Baptiste Lochon
Ancrés dans la volonté de faire du lien, Baptiste Lochon et Alice Roudaire, installés à Thonon, développent des pièces uniques en cohérence avec le territoire et ses habitants.
mardi 21 avril

öte
Danse
Compagnie Melta • Alice Roudaire • Baptiste Lochon
Alice Roudaire et Baptiste Lochon interrogent les origines d’une rencontre entre deux individus. Öte raconte aussi bien l’énigme de la rencontre que la joie d’être ensemble.
mercredi 22 avril

Outrenoir
Danse | à partir de 12 ans
Compagnie 47•49 • François Veyrunes & Christel Brink Przygodda
Dernier chapitre de sa trilogie Humain trop Humain, François Veyrunes nous convie dans l’univers de Pierre Soulages avec cet Outrenoir.
mercredi 6 mai