Dans les marges de l’IA

© Jeanne Roualet Cosmogama

de l’extraction à l’émancipation

Depuis son émergence pour le grand public en 2021, l’IA générative bouleverse l’éducation et ébranle les piliers de nos sociétés (vérité, vie privée, propriété), tout en imposant un modèle culturel hégémonique américano-chinois peu compatible avec les démocraties locales ou représentatives.
Derrière le discours dominant d’une IA « salvatrice » des maux humains et environnementaux se cache une industrie extractive, accaparant ressources et données tout en « naturalisant » des visions simplistes du monde social.
Face à ces multiples crises, nous proposons d’aborder l’IA non pas comme une fatalité technologique ou une menace à combattre, mais comme un possible levier d’émancipation : en réinscrivant son histoire dans des récits pluriels et oubliés, en déjouant ses biais par l’art et le design, et en réorientant ses usages vers des imaginaires politiques émancipateurs.
C’est à cet embranchement du développement des techniques, au moment où la révolution annoncée devient concrète, qu’il est nécessaire d’ouvrir d’autres voies, à savoir des histoires alternatives comme autant de bifurcations historiques, de détournements ou de chemins de faire potentiels.

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Anthony Masure est professeur associé et responsable de la recherche à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD – Genève, HES-SO). Ses recherches portent sur les implications sociales, politiques et esthétiques des intelligences artificielles, des technologies blockchain et du jeu vidéo. Il a cofondé la revue de recherche Back Office et est l’auteur des essais Design et humanités numériques (éd. B42, 2017) et Design sous artifice : la création au risque du machine learning (HEAD – Publishing, 2023). Site Web : https://www.anthonymasure.com