Bertrand Belin cisèle une pop volontairement égarée entre rock et chanson, moirée de jazz et de blues.
Le dandy poète breton a sorti à l’automne 2025 son dernier album. Watt, pour ceux qui sortent des enceintes, pour l’interrogation de langue anglaise (What the f***?) ou pour le roman de Samuel Beckett. Les portes ouvertes aux interprétations, c’est la marque de fabrique du chanteur crooner à la française. Si son phrasé rappelle Bashung, ses textes poétiques s’étirent vers l’absurde, jouent avec les contrastes, tout en laissant une grande part de mystère. Les thématiques sont existentielles, il s’agit de notre place, nos élans, nos craintes et questionnements. L’artiste y chante plus encore qu’à l’habitude et sa prose offre à son légendaire et paradoxal minimalisme de nouvelles arborescences.
Watt est lumineux et introspectif. Une réponse à l’inquiétude dans l’élégance de l’harmonie. L’étonnant jongleur de mots fait mouche dans un voyage musical et stellaire.